mercredi 30 juin

[Sounds !] Le Tigre - Le Klub des Loosers

Samedi (26 Juin) était programmé au Tigre (à Reims) le Klub des Loosers. J'étais de la partie et je vais donc essayer de vous transmettre les souvenirs que j'ai de cette soirée par l'intermédiaire de mes mots.


L'affiche : « Ines et son Soul Band + Le Klub des Loosers en concert au Tigre sam. 26 Juin à partir de 23h ». Soirée auto-proclamée « Electro Hip Hop Soul Créole » organisée par l'équipe qui, petit à petit fait bouger Reims : le crew Unity, aussi à l'origine du très bon « Come Unity Magazine ».

Après une soirée télévisuellement footballistique (à l'insu de mon plein gré) chez mon homie Barcella, on lève nos postérieurs en direction du Tigre. Il est 22h55 quand on entre ; 6€ plus tard, on s'assoit et on commande à boire en compagnie de potes de l'homme Barcella, tout ça en attendant que les artistes se mettent en place…

Il faut croire que les artistes sont aussi des amateurs de foot, personne ne montera sur scène tant que le match ne sera pas terminé, et, malheureusement il y eu des prolongations et des tirs au but…

Ça y est ! Le match est fini, quatre gars montent sur scène, tremblants, paumés… Une basse, un clavier, une batterie et des machines étranges… Personne ne sait qui ils sont ! Ce qu'ils font est horrible ! Il faut avoir l'oreille aiguisée pour reconnaître parmi ces sonorités stridentes des reprises de la B.O. de Fight Club et, notamment, des Pixies… Bref, suivant !

Un petit gars sur scène, accompagné par un acolyte au djembé, nous rappe un truc hésitant puis s'arrête : « Je l'ai écrite il y a deux mois, alors c'est pas facile à retenir…Je vais faire un truc qui ne se fait pas normalement, je vais vous la lire accapela. » Il sort son texte de sa poche, effectivement, ça ne se fait pas ! Il butte sur un mot, sur un deuxième : « Bon, je vais vous épargner ! » Il s'en va… Tant mieux !

Ça y est, enfin quelqu'un qui est annoncé au programme : Ines et son Soul Band. I faut quand même préciser que « son Soul Band » est composé d'un guitariste… Et c'est tout ! Heureusement, il est bon, et Ines a une belle voix, ouf ! Ça fait du bien ! Je crois que les gens en ont marre : tout le monde parle…

02h15. C'est au tour du Klub des Loosers… Il faut préciser que le « club » était,à l'origine, composé de Fuzati (MC) et d'Orgasmic (DJ) mais ce dernier s'en est allé vers d'autres collaborations et que donc, Fuzati compose désormais à lui seul le Klub.

Heureusement, il est accompagné ce soir par DJ dEtEct qui va s'occuper du son… Après nous avoir expliqué qu'ils venaient de quitter leur chambre d'hôtel à 29€90 (« on est un looser ou on en est pas un ! » venant du public) et qu'ils mataient un porno, les deux rigolos commencent leur show.

Fuzati est une personne étrange : chapeau, masque blanc, un manque d'aise qui étonne et des origines versaillaises. Alors que son rôle de « looser » lui va à merveille sur ses morceaux, le garçon a plus l'attitude hautaine et fière d'un premier de la classe quand il est sur scène. Il lui faudra ¼ d'heure pour être enfin satisfait du volume de son retour…

Malgré des textes très fins qui lui ont ouvert mon estime (« Poussière d'enfants », « La ville en Juin », « Baise les Gens »…) son rôle pendant le show ne correspond pas du tout au personnage qu'il s'est créé. Il va passer la soirée à insulter le public et à ridiculiser les filles en les faisant monter sur scène et en leur manquant de respect. Les gens le supporte mal : les « Ta gueule » et autres « Si tu pouvait éviter de nous intégrer à ton show » fusent. L'assistance lui jette des clopes et des pièces. Pour rigoler ? Pas sûr ! Une fille sur laquelle il s'est acharné ira jusqu'à en pleurer… Le public qui veut tester son agresseur réclame un freestyle. Il accepte ; normal, c'était prévu. Les thèmes : « L'équipe de France » et « Tout le monde en tong ». Le talent de ce gars n'est pas l'improvisation, mais la capacité à associer n'importe quel thème avec des paroles toutes faites. Bref, la vraie impro ne dure réellement qu'une minute.

Le MC ne sait jamais le morceau qui va venir et a besoin de son ami dEtEct pour lui rafraîchir la mémoire… Il rate souvent les débuts de ses morceaux et les refait (jusqu'à quatre fois !) : « Je le refait toute la nuit s'il le faut ! ». Ça ne fait pas rire tout le monde… On a l'impression d'assister au triste spectacle de quelqu'un que tout le monde croit bon et qui jubile en nous démontrant le contraire…

Le show s'arrête sans qu'on le sente venir, d'un coup. Bravo quand même… T'as du boulot gars ! Les gens qui se sont sentis blessés vont réclamer des excuses…

Double conclusion : ceux qui connaissaient le MC (dont je fait partie) et qui l'appréciait pour ses qualités d'écrivain ont été déçus par la provocation et la bêtise du personnage ; ceux qui ne connaissaient pas ont découvert quelqu'un radicalement différent et dont les excès font partie d'un spectacle dans lequel le public est un sado-maso à la merci de son bourreau préféré : Fuzati.

Il est 03h40, il ne fait pas froid. Salut Barcella, à plus !

Posté par Quentin à 09:51 - Sounds ! - [PL]